«LE CHATEAU EN SANTÉ » DOCUMENTAIRE D’OLIVIER BERTRAND – PRODUCTION LES FILMS DU TAMBOUR DE SOIE – DIFFUSION FRANCE TÉLÉVISION

PROPOS D’OLIVIER BERTRAND

Il y a trois ans un centre de santé expérimental a ouvert dans la cité de Parc Kalliste, dans les quartiers Nord de Marseille. Une quinzaine de jeunes professionnel.le.s (médecins mais aussi assistante sociale, conseillère conjugale et familiale, infirmier.e.s, médiateurs, traducteurs, orthophonistes), travaillent ensemble, échangent beaucoup, pour comprendre ce que vivent leurs patient.e.s en même temps qu’ils les soignent. Ils ont compris que les problèmes sociaux et médicaux se renforcent mutuellement. Les déterminants de la santé les intéresse autant que les symptômes. Ils sont installés dans une bastide bourgeoise du XIXe, une belle demeure cossue que les habitant.e.s s’approprie et cela participe au soin. Avant leur arrivée elle était fermée. Le quartier habitants la pensaient hantée,. Alors ils l’ont appelée le Château en santé. Ce film raconte sur plusieurs mois, en immersion, la vie au Château, les échanges de cette équipe, les consultations, très différentes de celles des cabinets médicaux classiques. Une aventure joyeuse et politique, un combat plein de vie, d’humanité, dans lequel les habitant.e.s prennent leur place, s’investissent, ne sont plus des patient.e.s qui subissent la science de médecins dominants.

Je me suis rapproché petit à petit de l’équipe en place et ils m’ont d’abord écouté poliment. Ils n’avaient besoin de rien, se méfiaient de la caméra. Il m’ont dit en revanche que je pouvais venir déjeuner avec eux quand je voulais, c’est ce que j’ai fait, je suis même venu plusieurs fois leur faire à manger, pour apprendre à les connaître, les apprivoiser, leur laisser le temps de comprendre mes intentions – et la différence entre un reportage et un film. J’ai pu progressivement assister aux réunions, aux entretiens, aux consultations avec les patients qui le souhaitaient. Cela n’a fait que renforcer le désir de ce film. La conviction qu’il est utile politiquement – du moins pour ce qui concerne politiques de santé et politiques sociales, notamment dans ce que l’on appelle les « quartiers déshérités » (joli terme, qui rappelle qu’en France on n’a pas le droit de déshériter ses enfants mais on peut priver de moyens certains quartiers).

Chef Opérateur Image : Steeve Calvo

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