PROPOS DE NICOLAS BOLE
Du Minitel, on a l’impression de tout connaître : les messageries roses, la lenteur d’affichage et la pauvreté du graphisme de l’écran bicolore, le visage de François Mitterrand au moment de son élection en 1981… et une folie française qui a retardé l’émergence d’Internet.
Mais presque dix ans après son « débranchage » par France Télécom en 2012, la little French box n’a pas dit son dernier mot : aux États-Unis, on commence à regarder de plus près cette drôle d’invention pionnière en matière de services et de technologie. Les artistes s’en sont emparés pour la revêtir des habits de la pop voire de la punk culture. Le Minitel, aussi ringard au début du siècle que novateur à sa sortie est un concentré d’esprit français : centralisateur, procédurier, obstiné, brillant, arrogant…
Et moi dans tout ça ? J’ai 2 ans de plus que le Minitel et l’impression d’avoir vécu avec lui les années 80 et 90, mon adolescence, qu’il a traversées en conquérant. Pour lui, je ressens une grande tendresse, comme un marqueur de ma jeunesse…
Le film documentaire Le 3615 ne répond plus s’attache à retranscrire le lien intime qui me rattache au Minitel, objet devenu culte mais qui agit pour moi comme un objet transitionnel vers le passé et les années 80-90. J’use d’une approche poétique et thématique où, par un récit personnel, j’établis des connexions entre les intervenants que je rencontre. Le film joue volontairement la carte d’une forme de conte nostalgique, sans titrage ou informations extra-diégétiques. On y apprend beaucoup de choses sur le Minitel mais c’est avant tout l’émotion et la singularité du lien que j’entretiens avec le Minitel, et celle que mes protagonistes ont aussi avec lui, qui sont mises en avant.
Chef Opérateur Image : Steeve Calvo






